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Les pratiques illégales du Préfet Lallement

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Médiapart vient de sortir une enquête précieuse et importante concernant la répression en cours du Prefet Lallement depuis presque un an à Paris. Ils ont réussi à se procurer des documents internes de la gendarmeries, de CRS mais aussi des témoignages de forces de l’ordre ou encore des discussions d'une messagerie interne entre CRS.

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Ces documents et témoignages accusent lourdement la stratégie du prefet Lallement, principalement sur deux aspects :
🔴 Le premier correspond à l'adoption d'une doctrine basée sur l'agression, invitant les troupes à « impacter » les manifestants. Comprendre : aller au contact et utiliser la force, même lorsque la situation ne l'exige pas. Ces tactiques sont jugées en interne : « légalement douteuses et aux conséquences politiques potentiellement néfastes » avant de conclure qu’elles sont« contraires à la législation ainsi qu’à la réglementation en vigueur. Le contact avec les manifestants et le recours à la force doivent être l’ultime réponse. Si cet emploi n’est pas justifié, il est absolument illégal. Non seulement, on a un préfet qui donne des ordres contraires à la réglementation. Mais si personne ne lui dit rien, sa stratégie fait tâche d’huile et devient le modèle. C’est très dangereux et on n’est pas loin d’un drame comme Malik Oussekine avec de telles pratiques » déplore-til.

Un CRS apporte son témoignage sur la journée de mobilisation des gilets jaunes du 18 janvier 2020 à Paris : « les black blocs ne bronchaient pas. Ça a commencé à dégénérer quand les Brav ont commencé à intervenir. A la fin de la manifestation, à la gare de Lyon, les Brav se sont mis à foncer dans le tas. (…) C’est incroyable de foncer dans le tas comme ça alors que ce n’était pas conflictuel », poursuit-il par écrit. Echangeant sur une messagerie interne partagée entre CRS, le ton de ce policier est sans retenue : « La manière d’agir des Brav démontre soit un manque d’expérience, soit un manque de lucidité soit des ordres à la con. »

🔴 L'autre aspect sur lequel Médiapart révèle de nombreuses accusations en interne, c'est la mise en place de plus en plus systématique et injustifiée de "nasse" lors de rassemblement. Alors que cette pratique est censée être utilisée dans un but de reconduire des groupes d'un point à un autre, elle est employée par Lallement pour empêcher des manifestants de se déplacer, les épuiser et leur tirer des grenades lacrymogènes. L'article appuie sur le fait que chaque nasse doit être réalisée avec une issue pour pouvoir, à n'importe quel moment, s'en extraire. Or, sur de nombreuses manifestations (notamment de GJ), des ordres ont été donné de ne pas laisser de sortie possible aux manifestants nassés. "De telles pratiques sont contraires à la législation ainsi qu’à la réglementation en vigueur », citant non seulement le code de la sécurité intérieure mais également le code pénal Les conclusions de la gendarmerie sont sans appel : telle qu'ordonnée par Didier Lallement, cette technique est « de nature à exaspérer la population et à nourrir un sentiment de défiance vis-à-vis du pouvoir et des forces de l’ordre » mais surtout elle est « susceptible de générer des mouvements de foule, potentiellement dangereux »".

L'article évoque ainsi ce chef d'escadron qui a dû désobéir à un ordre au cours d'une nasse : "Un choix dicté par le fait que « l’objectif tactique » initial avait « provoqué une dégradation de la situation », les manifestants « étant enfermés sans aucune issue ». De plus, « l’usage de gaz » avait eu l’effet « logique et prévisible de faire monter la tension alors même que le dialogue était établi. » "

Si pour les Gilets Jaunes, ces exemples d'une stratégie répressive ont depuis longtemps dépassé le respect du cadre démocratique, le travail de Médiapart permet de montrer que ces pratiques illégales sont connues au sein même des services de police, de gendarmerie et de CRS.

La stratégie du pouvoir face au mouvement GJ a été d'outrepasser le respect des règles censées être démocratiques pour terroriser et étouffer la contestation sociale. Au prix d'une bascule dans un état autoritaire. Sauf que la contestation ne s'est pas arrêtée. Les responsables politiques qui continuent de faire confiance au préfet Lallement, en toute connaissance de cause, devront donc être tenus pour responsables des actes illégaux donnés aux forces de l'ordre, et des drames que cela génère depuis des mois. On parle ici de Christophe Castaner et d'Emmanuel Macron.

On est aussi tenté de dire que la police organise méthodiquement et consciencieusement un glissement vers l'illégalité en s'affranchissant de règles qu'elle juge anciennes et dépassés. Cela s'appelle pourtant la loi, mais alors que sa fonction était de la faire respecter, force est de constater que la police en invente de nouvelles et que par une certaines connivence, les tribunaux obtempèrent.

Grace à une justice qui ne bronche pas et en prenant appui sur des jeunes recrues manipulables qui rejoignent la police pour se former à terroriser (notamment les voltigeurs dits les BRAVM), l'institution qualifiée depuis longtemps "d'Etat dans l'Etat" se comporte sous l'ère Macron comme une agence autonome vis à vis d'une République dont elle était censée respecter les lois.

Ce changement nous invite à voir la tournure par laquelle le pouvoir entend muter et s'auto-instituer.

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