Société de consommation : une schizophrène obèse et shootée en cours de suicide

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Claude Galtier

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Splashien confirmé
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MessageClaude Galtier le 15.08.18 9:59

La société de consommation a envahi le monde, quoi que l’on dise, c’est elle qui a gagné la bataille idéologique : allez vous balader à Dubaï et vous réaliserez à quel point elle domine la pensée, à quel point elle a assommé cultures et religions. Vous y verrez des touristes indiens, pakistanais, chinois, malais, kenyans, libanais, indonésiens... boire du coca en mangeant des hamburgers dans une food-court, acheter des vêtements de chaîne Zara et H&M, skier sur une piste de ski In-Door en turban, burqa, tchador, bermuda, consommer des entremets et biscuits fins chez Hediard, dévaler les toboggans du parc aquatique de l’Atlantis. Un véritable Hub de la consommation, cheap ou luxueuse, peu importe, le mot d’ordre c’est consommé. Nous connaissons cet adage depuis longtemps dans nos pays occidentaux, nous en sommes les promoteurs.

Tout le monde y trouve son compte, sauf le reste du monde.
Le 01 Août 2018, nous avons épuisé les ressources naturelles terrestres pour nourrir l’humanité, la pollution dans les nouveaux pays riches n’a jamais été aussi grande, les déchets aussi nombreux, les mers aussi étouffées, les espèces animales aussi dévastées. A force de le dire et de l’entendre, on finit par s’endormir comme sous l’emprise d’une berceuse diabolique. On sait que c’est grave, mais on n’y peut pas grand chose, on sait que l’on aggrave notre cas en consommant encore plus, mais on ne peut pas s’en empêcher, c’est tellement bon, on sait que ça coûte encore plus cher pour traiter les effets secondaires, tant pis, on n’a qu’une vie.

En fait, la société de consommation actuelle a tout d’une grande malade.
Schizophrène car, contre toute raison, elle est prise d’hallucinations, de délires oniriques soutenus par le marketing et la publicité : consommer rendrait heureux, plus beau, plus fort, en meilleure santé. Alors que toutes les enquêtes sur le bonheur dans nos sociétés montrent qu’il n’y a aucune corrélation entre le bonheur et le taux de consommation.
Schizophrène car paradoxale : pour continuer à prospérer et pour que la raison ne puisse pas l’emporter, elle se dote d’habits vertueux qui lui donne bonne conscience, « Bouffez du Nutella le plus possible » tout en mangeant 5 fruits et légumes par jours, n’hésitez pas à boire un bon coup de cet alcool, doux fruité, à la belle robe, mais avec modération. On informe vaguement le consommateur (on peut boire mais moyennement) mais la vraie information n’est pas aussi floue : effectivement, on est moins bourré en buvant moins, il n’en reste pas moins que l’alcool est addictif même à petites doses, et qu’il n’y a pas d’effet dose pour son caractère cancérogène : un seul verre d’alcool augmente le risque de cancer, un deuxième verre un peu plus etc... Pas très glamour comme information comparée au mannequin qui se délecte des fines bulles de champagne. Voilà les informations honnêtes, celles qui devraient être inscrite sous les publicités, celles que l’on attend de la part de l’État. Chacun est libre d’agir comme bon lui semble, mais le rôle de l’État c’est d’informer ou d’obliger à informer honnêtement…

Obèse car cette société n’est jamais rassasiée. Pour fonctionner il faut croître, la croissance est son mot d’ordre pour créer de la richesse et un effet de ruissellement. Il faut donc non plus consommer mais surconsommer, quitte à jeter. Et ne vous trompez pas, on se fait tous avoir, les techniques de marketing produites par des équipes de psychologues, designers, ingénieurs, sont perfides. Rien n’est laissé au hasard dans l’organisation des rayons du supermarché, vous les achèterez cette culotte, ce service à thé, ce bijou fantaisie. On nous fait oublier que derrière la culotte fabriquée en Thaïlande, il y a des heures d’avion ou de bateau, des champs de coton traités, des teintures polluantes, que derrière ce saucisson il y a une dizaine de porcs broyés et mélangés dont on ne connaît pas la provenance. Des effets pervers terribles, une surproduction de tout, de lait, d’œufs, de poulets, de jambon, de vêtements, de bibelots en plastique, de jouets, de loisirs qui deviennent rapidement des déchets qui a eux seuls forment un continent. Un coût pour la santé énorme, maladies cardiovasculaires, obésité infantile, névroses, suicides. On vous fait consommer le poison, on vous fait aussi consommer le remède : médicaments, chirurgie, régimes, probiotiques, bio, loisirs nature, bien-être...
Consommer n’est plus un acte volontaire, c’est un réflexe. L’ogresse en veut toujours plus, saigne les agriculteurs, broie les petites entreprises, méprise les consommateurs.

Une société shootée car à force de surconsommer, ceux qui la composent sont asservis au sucre et au gras délivré par la société de consommation, tellement agréables qu’ils adoucissent (pour ne pas dire abrutissent) les esprits critiques. Les gouvernements le savent bien, pour diriger en toute quiétude, il faut droguer les peuples, que ce soit avec du khat, de la coca, de la marijuana, des religions, ou des biens de consommation, c’est du pareil au même. On crée des besoins qui rendent dépendant.

Enfin, une société qui se suicide car comme pour tous les drogués, l’addiction est plus forte que la prise de conscience de sa propre déchéance. 6 puis 10 milliards de personnes vont consommer la même chose, de la viande, des yaourts, des voitures, des vêtements, des plastiques, des batteries, des croisières, des piscines, des téléphones. Il faut les ressources pour créer tout cela, et traiter les déchets de tout cela. Il y aura bien un point de rupture, une overdose fatale. Qui peut croire que la terre, la nature, peut supporter ce fardeau, surtout que nous la maltraitons pour consommer toujours plus, comme un junkie bat ses parents sans se rendre compte du mal qu’il leur fait. Dans le but de nous faire consommer plus, on nous regroupe dans des villes métropoles, on consomme plus en ville qu’à la campagne, c’est bien connu des gouvernements, alors il faut bétonner et s’asseoir sur les problématiques environnementales, pollution, perte de la biodiversité et réchauffement climatique.

La solution : un sevrage complet, fuir les sirènes du marketing et s’écouter pour déterminer ses propres besoins. Rien qu’avec ce principe, on peut consommer beaucoup moins. Il s’agit seulement d’être raisonnable pour retrouver un équilibre entre l'activité humaine et les capacités d'absorption de la planète. Pour prévenir, il faut éduquer les jeunes dans les écoles sur les thématiques telles que la critique du marketing, la réalité de notre chaîne de consommation : comment sont fabriqués les produits que l’on consomme, d’où viennent-ils, quels sont les circuits, comment sont traités et tués les animaux. Il faut redonner une dimension concrète à la consommation pour se rendre compte des enjeux et changer les mentalités.

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